Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax applicable aux plus-values crypto est passée à 31,4%. Seuil d'exonération, calcul de la plus-value, formulaires à remplir, nouveautés DAC8 — voici tout ce qu'il faut savoir pour déclarer ses cryptomonnaies en France cette année.
En France, les plus-values réalisées lors de la cession d'actifs numériques (conversion en euros, ou paiement d'un bien ou service en crypto) ne sont imposées que si le total des cessions de l'année dépasse 305 €. En dessous de ce seuil, vous devez tout de même déclarer les opérations, mais vous n'êtes pas imposé dessus.
Les particuliers relèvent par défaut du régime de la flat tax (PFU — Prélèvement Forfaitaire Unique). Depuis le 1er janvier 2026, ce taux est passé de 30% à 31,4%, suite à la hausse de la CSG prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2% à 10,6%).
Une alternative existe : opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu (0%, 11%, 30%, 41% ou 45% selon votre tranche) auquel s'ajoutent les 18,6% de prélèvements sociaux. Cette option est globalement intéressante uniquement pour les foyers non imposables ou dans la tranche à 0% — pour la grande majorité des investisseurs, la flat tax à 31,4% reste plus avantageuse. L'option pour le barème progressif est irrévocable et s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, pas seulement à vos plus-values crypto.
Contrairement à d'autres pays qui utilisent la méthode FIFO (premier entré, premier sorti), la France applique une méthode de valeur globale du portefeuille. Chaque cession est réputée dégager une plus-value proportionnelle à l'ensemble de votre portefeuille, et non liée à l'achat précis que vous revendez.
Plus-value = Prix de cession − [ Prix total d'acquisition du portefeuille × ( Prix de cession ÷ Valeur globale du portefeuille ) ]
Exemple concret : vous détenez 2 BTC, achetés au total pour 60 000 €. La valeur totale de votre portefeuille crypto (tous actifs confondus) est aujourd'hui de 100 000 €. Vous vendez 0,5 BTC pour 25 000 €.
Ce calcul doit être refait à chaque cession de l'année, en tenant compte de la valeur globale du portefeuille au moment de chaque opération. C'est la raison pour laquelle la plupart des investisseurs actifs utilisent un outil de suivi fiscal (Waltio, Koinly...) plutôt que de calculer manuellement.
| Opération | Imposable ? | Détail |
|---|---|---|
| Crypto → Euro (ou autre monnaie fiat) | ✔ Oui | Cession imposable dès que le seuil de 305 € de cessions annuelles est dépassé. |
| Achat d'un bien ou service en crypto | ✔ Oui | Assimilé à une cession — la plus-value latente est imposée au moment du paiement. |
| Crypto → Crypto (ex : BTC → ETH) | ✗ Non | Opération neutralisée fiscalement — pas de déclaration ni d'imposition à ce stade. |
| Transfert entre vos propres wallets | ✗ Non | Aucune cession réalisée, aucun fait générateur d'imposition. |
| Don ou donation de crypto | ✗ Non* | Pas de plus-value pour le donateur, mais soumis aux droits de donation classiques pour le bénéficiaire. |
Les revenus générés par une activité liée à la crypto (autre que la simple détention/cession) suivent des règles différentes de la plus-value classique :
La loi ne fixe pas de seuil unique de transactions ou de gains au-delà duquel vous basculez automatiquement en trader "professionnel". L'administration fiscale examine un faisceau d'indices cumulatifs :
Un volume élevé de transactions ou des gains importants ne suffisent pas, à eux seuls, à requalifier une activité en professionnelle — l'administration apprécie chaque situation au cas par cas. Si votre activité d'achat-revente est jugée habituelle, vos gains relèvent du régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu (plus les prélèvements sociaux), sans possibilité d'opter pour la flat tax.
Deux formulaires distincts sont à joindre à votre déclaration de revenus classique :
Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 (Directive on Administrative Cooperation) oblige les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) — y compris ceux enregistrés PSAN ou agréés MiCA — à collecter systématiquement l'identité fiscale de leurs utilisateurs ainsi que la valorisation de leur portefeuille et le détail de leurs transactions.
Ces données ne remontent pas instantanément : le premier échange automatique entre administrations fiscales européennes doit intervenir au plus tard le 30 septembre 2027, et portera sur l'ensemble des transactions effectuées durant l'année 2026. Concrètement, tout ce que vous faites sur une plateforme européenne dès maintenant est déjà collecté et sera transmis au fisc français d'ici fin 2027 — une déclaration incomplète ou erronée sur vos revenus 2026 deviendra donc vérifiable a posteriori. C'est un argument de plus pour ne pas improviser sa déclaration.
Les 12 plateformes crypto notées sur 7 critères pondérés — à garder sous la main pour choisir la bonne plateforme avant de déclarer quoi que ce soit.
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Choisir une plateforme réglementée PSAN facilite aussi votre déclaration : historique d'export fiable, conformité DAC8 déjà assurée.
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